Si hasard il y a…

Il y a parfois dans le hasard une surprenante malice. C’est à se demander pourquoi et comment le quotidien peut se révéler si curieux. Ainsi donc, dans la même semaine, j’ai pu en faire l’expérience. Vous vous demanderez peut-être quel est le lien entre Daniel Mermet (que tout le monde connaît pour son ex-émission de France Inter recyclée désormais sur le web (1) ), un livre pris à la médiathèque au jugé de sa couverture (et parce qu’il se trouvait dans le même bac que Walking Dead n°21), un film américain avec Jeremy Renner, alias Hawkeye et l’actualité du président Hollande à Cuba. Si vous ne vous le demandez pas, tant pis, vous pouvez vous arrêter là, la suite risque de ne pas être très intéressante. C’est donc entre The Walking Dead et W.E.S.T que je suis tombé sur cette BD, qui, je l’appris plus tard, est en fait une mise en dessin d’un livre de Howard Zinn. Sur le coup, je me suis dit que ça pouvait être pas mal, et, à vrai dire, avec Arthur dans les pattes qui avait déjà choisi ses livres – parce qu’à son âge, courir dans les rayons en braillant c’est plus drôle que s’asseoir sur un tapis pour bouquiner – je me suis dit « Allez, je prends ça, on verra bien. Merde, il est passé où? ». Inscrit à la newsletter sur là-bas.org, j’ai reçu, le même jour, une invitation à aller voir la dernière émission, qui comme vous le savez certainement, est désormais diffusée au rythme d’une émission par semaine. Après avoir délicieusement écouté Didier Porte, toujours aussi croustillant (2), j’aperçus un bandeau à droite de l’écran, présentant le nouveau film de Daniel Mermet et d’Olivier Azam : Howard Zinn, Une histoire populaire de l’empire Américain, dont voilà la bande annonce : Chose amusante, le titre du film est le même que celui du livre emprunté au matin (l’empire en moins). nike blazer pas cher Intrigué par la coïncidence, je regarde la bande annonce (pas celle-ci, à vous de chercher) et suis accroché par la phrase dite par Mermet:

« Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’Histoire sera racontée par les chasseurs. Maglie Golden State Warriors »

Du coup, je lis la première moitié dans l’après-midi du samedi (parce que c’est un gros bouquin quand même, presque 300 pages, avec tellement de choses à lire à chaque page qu’on dirait un Black et Mortimer, et que la sieste ne dure pas plus de deux heures).

Le dimanche soir venu, et l’heure du film étant imminente, je cherche un truc à regarder dans mon dossier qui déborde depuis que le téléchargement est devenu plus rapide que le visionnage d’un film (au moins, avec le 512k on n’avait pas ce genre de problème).

Allez, va pour « Kill the Messenger », dont je ne me rappelle plus le sujet, mais qui sent bon le thriller. Le film débute avec des extraits de discours de présidents américains au sujet de la lutte anti-drogue. Les sous-titres de la VO sont écrits tout petits, c’est chiant à lire. Hésitation. Flemme de se lever pour aller en chercher un autre. Puis on s’habitue. Le scénario prend forme, l’histoire est sympa, et comme savent si bien le faire les ricains depuis 20 ans, elle est « Based on a true story ».

Jeremy Renner y joue un journaliste d’investigation un peu à la sauce Les hommes du président (3), qui enquête sur les activités de la CIA au Nicaragua. Bon film du dimanche soir.

Cette semaine, j’ai lu la suite du bouquin. Ce qui est amusant, c’est qu’arrivé dans la deuxième partie du livre, cette histoire du Nicaragua, de la drogue vendue par la CIA pour financer l’effort de guerre et la rébellion des « contras », les insurgés Nicaraguayens, est racontée par Howard Zinn. Le même sujet que le film “Kill the Messenger”.

Cette semaine encore, Hollande est en visite officielle aux Antilles ; sommet de son actualité, il rend visite à Fidel et au peuple de Cuba, autre sujet abordé par Zinn dans son livre dans la première partie. Il n’y est pas fait état de la révolution Castriste, mais de celle qui l’a précédée, à la fin des années 1890, portée par Antonio Maceo contre la domination espagnole. Appuyée par les États-Unis, elle fut par la suite confisquée aux cubains du mouvement « Cuba Libre » (qui, comme chacun sait s’enfilaient des cocktails à longueur de journée) après un arrangement hispano-américain pour simuler une reddition espagnole (même si après coup les autorités civiles espagnoles gardèrent les rênes de Cuba sous le contrôle des États-Unis).

Ainsi donc, en une semaine, quatre d’évènements m’ont ramené à ce monsieur, Howard Zinn. Pourquoi, je n’en ai pas la moindre idée. J’aime en tout cas croire que le hasard y est pour quelque chose, et que si c’est le cas, quelqu’un est foutrement bien renseigné sur chacun de nous au point de mettre en relation plusieurs situations vers un même but. nike air max 90 pas cher Albert Einstein disait que « le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ». kanken baratas Non pas que je sois devenu particulièrement croyant, mais j’aime bien cette idée d’un Dieu un peu glandeur, Ray-ban vissées sur le nez, mains dans les poches, distribuant les cartes au « hasard ».

Épilogue :

Dans le livre d’Howard Zinn, on croise beaucoup de personnages. Politiques, ouvriers, révolutionnaires, prisonniers, soldats, riches industriels, icônes de la lutte féministe américaine. Une histoire populaire de l’Empire Américain s’attache à raconter l’histoire des États-Unis, de la conquête de l’ouest aux conflits d’aujourd’hui.

Un des personnages les plus attachants et des plus importants pour Zinn, on le sent dans l’admiration et la tendresse qu’il a pour lui et ses idées, est Eugène Debs. Soldes Chaussures Nike Syndicaliste et fondateur de l’IWW (4), Prix Nobel de la Paix posthume de manière symbolique, et capable d’être candidat aux élections présidentielles américaines de 1920 alors qu’il est prisonnier d’un pénitencier d’Atlanta. (3,4% de voix tout de même, ce qui n’est pas rien dans un pays qui comptait alors plus de 100 000 000 d’habitants . Les femmes n’ayant pas encore le droit de vote, et les enfants ne l’ayant toujours pas, on peut retirer 2/3 approximativement ce qui nous laisse quand même 3,4% de 33 000 000 soit quand même plus d’ 1,2 millions de personnes. Pour un taulard, ça claque.)

Eugène Debs, dont on peut lire la fin du discours de sa défense face aux jurés lors de son procès de 1918 qui le condamna à 10 ans d’emprisonnement pour son opposition à la 1èreguerre mondiale :

« Il y a des années, j’ai admis ma parenté avec tous les êtres vivants et j’ai résolu que je n’étais pas meilleur une once que la plus pauvre des personnes sur Terre. Tant qu’il y a une classe inférieure, j’en suis. nike tn pas cher Tant qu’il y a une classe criminelle, j’en fais partie. Tant qu’il y a une âme en prison, je ne suis pas libre. »

Sans titre

Howard Zinn, quand à lui, est mort en 2010 à Santa Monica, Californie, à 87 ans.

Et pour boucler la boucle, je laisse la conclusion à Daniel Mermet Himself :

Des histoires de victoires et de clairons tout en faisant discrètement nettoyer les trainées de larmes et de sang sur le parking du supermarché de la civilisation. Mais l’histoire que préfèrent raconter les chasseurs, ce n’est pas d’histoire du tout. À part pour le code de leur carte bancaire, les lapins n’ont pas besoin de mémoire…

Howard Zinn est de ceux qui résistent à l’irrésistible. Il est du parti des lapins, le parti de ceux qui sont à l’autre bout du fusil, les Indiens devant les conquérants, les esclaves qui fuient dans les marais, les ouvrières et leurs enfants face au peloton de la Garde civile, les déserteurs, les militants, les résistants. air max pas cher Sans idéaliser les victimes, sans trahir l’histoire, il fait simplement sortir de l’ombre ces instants où des femmes et des hommes ont réussi à résister, à s’unir et parfois même à l’emporter…

Car les lapins ne s’enfuient pas toujours, il arrive même qu’ils profitent du sommeil des chasseurs et qu’ils leur volent leurs fusils et qu’ils les fassent reculer jusqu’au bord de la falaise. Et même au-delà.

Le pouvoir du chasseur dépend de l’obéissance des lapins.

Notes:

(1). http://la-bas.org/

(2). goedkoop nike air max 2017 Au passage, allez voir ça :http://la-bas.org/la-bas-magazine/videos/didier-porte-parlons-passion

(3). Les hommes du président , 1976, de Alan J. Pakula, avec Robert Redford et Dustin Hoffman. Sur l’affaire du Watergate concernant le président Nixon.

(4).

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